Vous avez déjà vécu ça ? Une discussion qui dérape ou une situation qui vous semble évidente, mais qui pourtant crée une incompréhension totale avec votre collègue ou votre équipe ?
La cause ? Souvent, c’est simple : vous projetez votre vision du monde sur les autres, et eux font la même chose. C’est là que les conflits naissent, souvent pour des raisons qui semblent complètement invisibles à première vue.
Bienvenue dans le concept de « la carte n’est pas le territoire »
Imaginez que vous ayez une carte d’une ville en main. Cette carte représente la ville, mais elle n’est pas la ville elle-même. Vous pouvez avoir une carte très détaillée, mais elle n’englobe jamais la réalité dans son intégralité. La carte est juste un modèle, une représentation simplifiée de ce qu’est la ville. Et pourtant, on a souvent tendance à confondre les deux.
La même chose se passe dans notre manière de percevoir les situations. Nos « cartes » mentales – nos croyances, expériences et filtres personnels – sont des représentations simplifiées de la réalité. Mais elles ne sont pas la réalité en elle-même. En entreprise, ce concept peut avoir un impact profond, notamment lors d’une transformation digitale, d’un changement dans l’organisation ou même dans des relations de travail quotidiennes.
Pourquoi ce concept est-il crucial en entreprise ?
Imaginez qu’en réunion, un collègue de l’équipe IT exprime une critique à propos du planning d’un projet. Pour vous, ce retard semble gérable, mais lui, il le voit comme un obstacle majeur à la réussite du projet. Pourquoi ce désaccord ? Tout simplement parce qu’il ne regarde pas la situation avec la même « carte » que vous.
Dans ce cas, le conflit ne vient pas de l’objet lui-même (le retard), mais de la perception différente qu’en ont les deux parties. Si vous vous contentez de votre propre vision (votre « carte »), sans chercher à comprendre celle de l’autre, vous allez droit vers l’incompréhension et la frustration.
Appliquer « la carte n’est pas le territoire » au management d’équipe et au coaching
Dans le cadre du management d’équipe, cette idée prend toute son importance. Un manager qui ne tient pas compte des différentes « cartes » de ses collaborateurs risque de créer des tensions inutiles. Par exemple, si un membre de l’équipe exprime un besoin de plus de flexibilité, il se peut que le manager, avec sa propre « carte », pense qu’il s’agit d’un manque d’engagement. Mais en réalité, il s’agit peut-être d’un besoin de reconnaissance ou d’un manque de ressources pour mener à bien ses missions.
Cela devient encore plus évident en coaching professionnel. Un coach qui cherche à travailler avec un client sur ses objectifs de carrière doit comprendre que la « carte » de ce dernier est très différente de la sienne. Le rôle du coach est justement de l’aider à réajuster sa carte mentale pour qu’elle corresponde davantage à la réalité et aux objectifs qu’il souhaite atteindre.
L’importance d’embrasser les différentes « cartes » en entreprise
Dans le cadre d’une transformation ou d’une gestion de projet, qui plus est en transverse, il est vital de comprendre que chaque individu de votre équipe verra les défis de manière différente. Reconnaître que chaque « carte » est unique permet d’éviter de nombreux conflits et de promouvoir une culture de dialogue et de collaboration.
Voici une astuce simple à appliquer : essayez d’adopter une posture de questionnement et d’écoute active. Vous pouvez par exemple demander : « Comment vois-tu cette situation ? » ou « Qu’est-ce qui te fait dire ça ? ». Cela ouvre un espace pour comprendre les différentes perceptions et diminuer les malentendus.
Et vous, comment voyez-vous votre environnement ?
Changer de perspective, ça commence par accepter que sa réalité n’est pas celle de l’autre. « La carte n’est pas le territoire » devient alors une invitation à ouvrir les yeux sur la diversité des perceptions et à mieux comprendre les enjeux de ceux avec qui nous travaillons. C’est une clé pour réussir vos projets de transformation et améliorer la gestion du changement dans votre entreprise.